Qu’est-ce que le cuir végane ?

D’après Vegan France, le terme anglais vegan est à l’origine du mot français qu’il est convenu d’orthographier toujours au féminin “végane”.

Le véganisme n’est pas un régime alimentaire, contrairement au végétalisme, mais bien une vraie philosophie de vie. Il vise à faire en sorte de ne plus utiliser les animaux comme matière première et de respecter leur vie au même titre que la vie humaine. On l’appelle aussi anti-specisme

Les produits en cuir végane sont donc des articles qui n’ont utilisé de près ou de loin, aucune espèce animale, de la confection jusqu’à l’emballage : c’est une alternative sans souffrance animale. L’expression “cuir végane” est d’une certaine manière un oxymore. L’heure du bois vous explique tout.

1) C’est quoi le problème du cuir animal ?

“Le véritable cuir s’adapte comme une seconde peau”, “le cuir d’agneau respire et pourtant il est imperméable”. Ce sont des phrases que vous avez déjà entendues ? Sachez que le cuir animal se paie au prix fort !

Par exemple, 9 milliards de chaussures en cuir sont produites chaque année dans le monde. Avec plus de 160 milliards $ de chiffre d’affaires, l’industrie du cuir a le vent en poupe. La peau de 1 milliard 400 mille bovins et ovins est transformée en cuir, soit environ deux fois la population européenne pour produire nos textiles, vêtements, ceintures, bottes, manteaux.

Beaucoup d’articles sont estampillés made in France ou made in Germanie. Pourtant, seulement les dernières étapes y ont été effectuées. D’après l’organisation mondiale du commerce, 80% du cuir vient de pays en voie de développement, contre à peine 2% de France ou d’Allemagne et il s’agit alors de produits haut de gamme. 

1.1) De quels animaux provient le cuir que nous portons?

Généralement de vaches, de chèvres ou d’agneaux. Il existe du cuir de chat ou de chien, très souple, idéal pour les gants.

Pour qu’une peau d’animale devienne utilisable il faut la tanner. En Europe, la réglementation sur la protection animal est très stricte alors qu’ailleurs dans le monde elle l’est souvent moins.

1.2) Le problème du tannage

Le tannage demande beaucoup d’eau, une ressource souvent rare dans les pays émergents. Il faut aussi du chrome et d’autres produits chimiques dangereux auxquels les ouvriers sont souvent exposés sans protection.

Son impact sur l’environnement est dévastateur. A Dacca, capitale du Bangladesh, un quartier abrite plus d’une centaine de tanneries qui déversent chaque jour 21 millions de litre d’eau chargée en produits toxiques dans la rivière, principale source d’eau des habitants qui est l’une des plus polluée de la planète (lire ici).

Au Bangladesh, 14 millions de peaux sont transformées chaque année en cuir tanné, qui prennent la route de Europe, en particulier, de l’Italie premier importateur.

Lors du tannage l’oxyde de chrome peut se transformer en tri-oxyde de chrome, cause d’allergie et de cancer. 

En 2014, l’office fédéral allemand a analysé près de 400 produits en cuir. Le résultat est qu’une paire de chaussures sur quatre contient du tri-oxyde de chrome et un sur trois pour les autres articles en cuir. La transpiration peut dissoudre ce tri-oxyde et les chaussettes ne sont pas une protection suffisante. Les produits européens ne font guère mieux que ceux venus d’Asie. 

Il existe du cuir bio venu de la production durable. Il est possible d’utiliser le tannage végétal sans chrome mais ce processus n’est pas courant et est coûteux.

A l’échelle mondiale, le cuir crée des dommages pour les humains, les animaux et l’environnement. C’est bien pour cela qu’il est nécessaire de trouver une alternative plus écologique et d’arrêter d’utiliser du cuir de vachette ou de veau ou de mouton pour la fabrication de nos vestes, sandales ou chaussons.

2) Le cuir végane

2.1) Le cuir de fruit

La peau des fruits présente la particularité comme le cuir animal d’avoir ce qu’on appelle un grain. Pour ressembler au cuir, il suffit de le teinter avec des pigments végétaux de plusieurs coloris et l’on doit ensuite le protéger. Comme pour ce que l’on appelle le cuir pleine fleur en sellerie, certaines pièces sont de meilleure qualité que d’autres.

Pour cela, on utilise de la glycérine, alcool de sucre comestible obtenu à partir de plantes. Elle donne à la peau des fruits de la souplesse et de la résistance et permet de la conserver. On peut utiliser de l’ananas, du melon et beaucoup d’autres fruits. L’ananas est le cuir végane le plus prometteur, que l’on appelle du pinatex. On peut également citer le cuir de pomme qui donne une texture très lisse, comme pour le portefeuille Sarah de la marque Karmyliège.

 

Le pinatex, le cuir végane à base de peau d'ananas
Le pinatex, le cuir végane à base de peau d’ananas

Dernier avantage du cuir végane, ananas ou pomme, la matière première avant transformation vient de déchets de l’industrie alimentaires.

2.2) Le liège

Les chênes liège peuvent stocker des grandes quantités de CO2, et comme expliqué dans notre article sur la récolte du liège, il est inutile de l’abattre pour récolter leur précieuse écorce. L’environnement y gagne à tous les coups contrairement au cuir synthétique. La loi portugaise interdit d’ailleurs l’abattage de chênes liège.

Au Portugal, le liège est utilisé depuis des décennies et de nombreux stylistes essaient de lui trouver une application textile élégante.

Après 6 mois de séchage, l’écorce est stérilisée pour éliminer les germes, ce qui rendra l’écorce plus flexible.

Des couches de 0,3 à 0,4 mm sont découpées. Pour qu’elles soient utilisables, elles doivent subir un traitement essentiel car le plus grand défi avec le liège est de le rendre résistant.

Pour qu’il ne se déchire pas et résiste bien à la sollicitation, il faut un matériau de support. Très souvent une trame de coton ou de polyester.

L’avantage de produire la maroquinerie au Portugal est que les usines ont un réel savoir-faire et une industrie textile.

Comme le cuir, le liège s’assouplit avec le temps. Son touché est différent du cuir lisse et proche du daim, du nubuck et même du velours. Il se patine avec le temps et sa couleur ressemble au marron camel ou beige, comme le cuir marron utilisé pour les blousons pour femme ou les mocassins pour homme. Pour l’entretenir il suffit d’une brosse ou d’un chiffon ainsi que de l’eau et un peu de savon.

Le Liège, cuir végane, alternative écoresponsable au cuir
Le Liège, cuir végane, alternative écoresponsable au cuir

3) Les sacs en cuir végane

Les performances de certains cuirs végétaux ont été comparées au cuir souple traditionnel et aux tissus synthétiques comme le simili cuir, en termes de résistance au pliage et à la déchirure.

Le liège et les fibres d’ananas (pinatex) tiennent aisément la comparaison avec le cuir véritable à épaisseur égale. Le liège résiste un peu moins au pliage ce qui n’est pas un problème quand il est utilisé sur des sacs à main en liège ou de la maroquinerie (portefeuille, cabas, pochette) car souvent il y a une doublure en nylon ou en polyester. Les finitions au niveau des coutures sont de qualité haut de gamme. Cependant, certaines pièces sont plus difficiles à réaliser comme des souliers, boots, bottines ou baskets.

Le bois est un matériau qui vieillit bien et qui résiste naturellement aux intempéries où il est utilisé depuis longtemps dans le mobilier extérieur par exemple.

On peut dire que le cuir végane est aussi résistant que le cuir animal, et ainsi constitue une tendance d’avenir dont mêmes les princesses, comme Meghan Markle, s’emparent.

Il existe donc d’ores et déjà des matières prometteuses, et, chercheurs comme stylistes en matériaux n’ont pas fini de nous surprendre. C’est pour cela que l’heure du bois vous propose une gamme de sacs de toutes tailles et de maroquinerie en matière végétale et en cuir naturel. A toi de te faire un avis.

 

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